25 janvier 2012

Maurice GARIN le petit ramoneur devenu cycliste

A la fin du 19ème siècle en France, la presse sportive cycliste noir.jpgest dominée par un titre "Le Vélo" qui rend compte des premières courses populaires. Mais la prise de position de son patron Pierre Giffard dans l'affaire Dreyfus fait des vagues et n'est guère appréciée des fabricants de cycles qui financent son journal par la publicité. En 1900, ces derniers choisissent de financer un nouveau journal créé par Henri Desgranges qui se nomme "l'Auto-Vélo". Le journal de Giffard était imprimé sur du papier vert, celui de Desgranges sera imprimé sur du papier jaune. Quelques année plus tard, en 1903 Desgranges lancera le premier Tour de France cycliste que nous connaissons aujourd'hui, cette couleur de papier sera à l'origine de la couleurs du maillot du Vainqueur, Le Maillot Jaune. En conflit avec Giffard sur le nom du journal, Desgrange sera contraint de modifier le sien en "L'Auto". Pour contrer son prédécesseur et développer son journal, sur une idée du journaliste Léo Lefèvre, il décide de lancer une grande course cycliste, 2500 Km, 6 étapes à travers la France, ce sera le Tour de France dont le départ sera donné le 19 Janvier 1903 de Montgeron (91) en Ile de France tout près de Villeneuve Saint Georges. Sur la ligne de départ un certain Maurice GARIN.

Né à ARVIER en Vallée d'Aoste le 23 Mars 1871, Maurice GARIN respecte la coutume des Alpes et traverse la frontière pour se faire embaucher comme ramonneur dans les grandes villes françaises. Enthousiasmé par les premiers vélocipèdes il réussi à économiser pour acheter son premier vélo. Petit à petit il se fait connaître par son endurance et se distingue dans quelques courses. 1896 il s'engage dans le premier Paris/Roubaix dont il gagnera les deux éditions suivantes. Un grand champion cycliste est né que l'on surnomme "le petit ramoneur" à cause de sa petite taille 1m62 pour 61 Kg.

Il s'engagera le premier des 78 coureurs à 31 ans pour ce premier Tour de France départ le 1er Juillet 1903, qu'il remportera en 94h33'14'' devant 21 recapés. Six étapes, Paris/Lyon, Lyon/Marseille, Marseille/Toulouse, Toulouse/Bordeaux, Bordeaux/Nantes, Nantes/Paris soit 2500 Km, roulant des nuits entières avec courage et volonté.

Il mettra fin à sa carrière à 33 ans et se retire à Lens dans le Nord, ouvrira un garage qu'il exploite jusque dans les années 50. En 1952 il est invité a donner le dépat du Tour. Il meurt humblement le 16 Février 1957 à Lens à l'âge de 86 ans.

 maurice-garin-03.jpgmaurice-garin-04.jpgGarin03winner.jpglauto.jpg

24 mai 2010

Des Alpes à l'Evrest

Abele BLANC, guide de montagne Valdôtain a réussi son défit. Il vient de réaliser l'ascension  de l'Evrest 8848 mètres, sans oxigène. Il a vaincu les 14 sommets de plus de huit mille mètres de la planète et pour ne pas "se refroidir" il se prépare pour l'Annapurna.

Abele Blanc.gifeverest 2.jpg L'Annapurna est le premier sommet de plus de 8 000 mètres à avoir été gravi par une expédition française en 1950. Cet exploit est rentré dans les annales de l'alpinisme car c'est le seul 8 000 himalayen à avoir été gravi dès la première tentative. Il reste à ce jour le 8 000 le plus dangereux de la chaine himalayenne avec un taux de mortalité très élevé : un mort pour deux ascensions réussies (un pour quatre au K2, un pour neuf à L'Evrest).

Il est parvenu au sommet avec ses complices Marco Camandona, Michele Enzio et Silvio Mondinelli. Les Valdôtains sont des montagnards, c'est à dire qu'ils connaissent la montagne, sa vie, ses pièges, le vent, les nuages, ils sont nés dans la montagne, prions Dieu qu'il en reviennent toujours.

10 mai 2010

Tristesse

Nous l'avons accompagné aujourd'hui. Mort à 85 ans ! Est-ce si vieux, est-ce encore jeune, cela tient sans doute à l'esprit qui permet de penser jeune. C'était son cas, Guy Lale-Demos écrivait sous le nom de Guy de Saint Pierre, marqué par ce Saint car habitant derrière l'église Saint Pierre de Montrouge, originaire de Saint Pierre en Vallée d'Aoste, il va le retrouver dans le ciel des écrivains. Écrivain libre, il aimait les rimes libres, féru d'histoire et surtout d'histoire italienne qu'il connaissait parfaitement pour écrire ou expliquer la Vallée d'Aoste entre la Savoie et l'Italie, autodidacte des langues qui lui faisait lire le Roumain, l'espagnol en plus du Patois de notre région, l'italien pour se dire bilingue comme doit être tout Valdôtain et le français qu'il écrivait avec recherche et souvent malice. Une vie, pas facile comme beaucoup de vies, des bons et mauvais moments mais une chaleur dans la relation qui va nous manquer aujourd'hui. Cinéaste à ses heures, photographe de notre chère Vallée, un homme riche de culture, curieux de la nature et des hommes , oui un homme qui est parti trop jeune. j'ai repensé à ce texte qu'il a écrit dans les années 2000 et que je vous présente comme un clin d'oeil.

Défunt par Erreur.

Quelle noire surprise pour un peintre célèbre, de quarante six ans, de lire dans son journal,

Parmi les nombreuses nouvelles cet encart qui vient de tomber comme une giffle:

"l'Art italien est en deuil, le peintre Prodonzai est mort"

Et dans les commentaires suivait une nécrologie des plus élogieuse envers ce regretté artiste.

Car rien ne vaut mieux que des oeuvres posthumes. Il fallait donc faire le mort pour de bon, quelle destinée ?

Mais sa femme jouant les veuves, ô combien éplorée, lui dit, que peut-être, il avait une chance.

Et c'est ainsi que furieux, il alla se plaindre au journaliste. Celui-ci lui conseilla de faire ce que disait sa femme,

C'est-à-dire que l'on lui fit les simulacres de grandes obsèques, au cimetière dans le grand caveau de toute la famille.

Et même qu'un jour, paraît-il, tel un voleur en cachette, il alla essayer sa propre bière, vous parlé d'un travail,

Et constata, c'est incroyable, qu'après tout on y était pas si mal.

En effet, ses oeuvres se vendirent fort bien, à vive allure, si bien que sa vie antérieure lui apporta grandes richesses.

Mais voici qu'en ce monde, hélas, tout a une fin; on fini par s'habituer à ce douloureux et sombre trépas.

Les réputations de l'artiste s'estompèrent, ses oeuvres ne se vendirent pas et soudain,

Pour de bon, il but l'onde noire, ô ingrates gens, sans le moindre potin.

Guy de Saint Pierre